Lycées bloqués à Strasbourg : les familles dans l'incertitude

Accès aux cours perturbé : les autorités déploient les forces de l'ordre

Lycées bloqués à Strasbourg : les familles dans l'incertitude

Pour les familles alsaciennes, la question du mercredi 14 octobre tenait en une phrase : pourra-t-on aller en cours ? Après les mobilisations de la veille, qui ont réuni entre 3 000 et 7 000 personnes à Strasbourg à l’occasion de l’acte V, et alors que se profile la journée du 17, présentée comme une « convergence des luttes », des lycéens ont de nouveau manifesté ce mercredi dans la région. L’enjeu central touche directement le quotidien de tous les élèves : l’accès aux établissements scolaires et le droit de chacun de suivre sa scolarité sans entrave.

C’est dans cette perspective que le recteur de l’académie de Strasbourg a requis, ce mercredi, les services des forces de l’ordre dans l’Eurométropole « afin de libérer tous les établissements scolaires » bloqués. « Il y a beaucoup d’établissements bloqués par peu d’élèves et beaucoup veulent retourner en classe. L’objectif est d’empêcher les bloqueurs de s’installer et de permettre à chacun de retourner en cours », a expliqué Olivier Klein, qui visait cinq lycées en particulier. Le propos place l’enjeu du côté des élèves majoritaires souhaitant reprendre les cours, face à un nombre restreint de bloqueurs.

À Mulhouse, un important dispositif sécuritaire a été déployé rue de Metz, où dix fourgonnettes étaient stationnées. Des tirs de mortier ont été entendus en début de journée au lycée Michel-de-Montaigne. Au lycée Lavoisier, une centaine de jeunes demeuraient aux abords de l’établissement dès 7 h 45, mais les élèves pouvaient toutefois se rendre en classe, un point essentiel pour les familles qui dépendent de la continuité du service public d’éducation.

À Saint-Louis, le lycée Mermoz est resté fermé. Plusieurs jeunes se tenaient aux abords du site, ainsi que des forces de l’ordre, dans une situation décrite comme calme. Pour les élèves concernés et leurs parents, la fermeture d’un établissement se traduit directement par une perte d’accès à l’enseignement, ce qui fait de ces blocages une question de service public autant que de contestation sociale.

À Strasbourg même, les perturbations se poursuivaient au lycée Jean-Rostand, où une centaine de personnes bloquaient l’accès au bâtiment. Une chaîne humaine avait été mise en place pour empêcher les personnes de rentrer jusqu’à 8 h 15, heure à laquelle les policiers sont arrivés. « On continuera à bloquer jusqu’au 17, on vous attend demain à 6 h 30. Aujourd’hui, on continue de bloquer jusqu’à 10 h minimum », a expliqué l’un des participants, annonçant une mobilisation appelée à se poursuivre.

Au lycée Pasteur, neuf fourgons de CRS ont été déployés. Vers 8 h 40, des poubelles ont été brûlées par des personnes qui sembleraient être extérieures à l’établissement, un incident qui pose la question de la sécurité des abords des écoles pour l’ensemble des usagers. Devant le lycée Marie-Curie, l’ambiance était en revanche décrite comme calme et bon enfant, même si quelques tirs de mortier ont été entendus tôt dans la matinée. Les CRS y étaient présents jusqu’à 9 h 15. Au lycée Fustel-de-Coulanges, enfin, les cours se déroulent toujours à distance, une mesure qui continue de priver les élèves de la présence en classe.

Ces événements s’inscrivent dans un contexte national suivi de près. Une autre publication rappelait ainsi que des blocages persistaient ce mercredi, avec « un peu moins de 200 lycées fermés » dans le pays, tandis qu’un décryptage s’interrogeait sur le nombre d’interpellations dans le mouvement lycéen par rapport aux gilets jaunes et à Mai-68. Le détail de la mobilisation alsacienne a été relayé notamment par DNA, dont le compte rendu est accessible ici : https://www.dna.fr/social/2026/10/14/la-police-mobilisee-pour-liberer-les-lycees-bloques-a-strasbourg-des-manifestations-a-mulhouse-et-saint-louis

La journée du 14 octobre illustre en fin de compte un affrontement entre deux attentes légitimes du public : celle des élèves qui veulent retrouver leurs classes et celle des lycéens mobilisés qui annoncent poursuivre le mouvement jusqu’au 17. Entre les deux, les autorités académiques et les forces de l’ordre ont fait du rétablissement de l’accès aux établissements leur priorité affichée. Les familles, elles, attendent surtout une visibilité sur la continuité de la scolarité dans les jours qui viennent.

Questions-réponses

Pourquoi les forces de l'ordre ont-elles été mobilisées ?

Le recteur de l'académie de Strasbourg les a requises afin de libérer tous les établissements scolaires bloqués, l'objectif étant d'empêcher les bloqueurs de s'installer et de permettre à chacun de retourner en cours.

Quels lycées ont été touchés dans la région ?

À Mulhouse, les lycées Michel-de-Montaigne et Lavoisier ; à Saint-Louis, le lycée Mermoz est resté fermé ; à Strasbourg, les lycées Jean-Rostand, Pasteur, Marie-Curie et Fustel-de-Coulanges ont été concernés.

Jusqu'à quand les lycéens mobilisés comptent-ils poursuivre le mouvement ?

Ils annoncent continuer à bloquer jusqu'au 17 octobre, journée présentée comme une convergence des luttes.

Quelle est la situation au niveau national ?

Des blocages persistaient ce mercredi, avec un peu moins de 200 lycées fermés dans le pays.