Drones à Madagascar : les forces armées se modernisent.

Drones à Madagascar : les forces armées se modernisent.

Des télépilotes malgaches déjà en formation pendant que Drone Volt présente son Heliplane 340

À Madagascar, une centaine de drones doivent être remis aux Forces armées malgaches d’ici à la fin de l’année. Leurs futurs télépilotes, eux, sont déjà en formation auprès des FAZSOI, les Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien. C’est sur ce terrain concret, et pendant la visite officielle de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, que le constructeur français Drone Volt a présenté son drone de surveillance Heliplane 340 LRS PRO DEF/SEC.

L’annonce figure dans un communiqué de la société, basée à Villepinte et cotée sur Euronext Growth, rendu public mercredi 21 octobre. Le texte précise que la présentation s’est déroulée « dans le cadre de la visite officielle de Madame Catherine Vautrin, Ministre des Armées et des Anciens combattants, consacrée au renforcement de la coopération franco-malgache en matière de Défense ». Le communiqué ne dit toutefois pas si l’Heliplane figure parmi la centaine d’appareils annoncés, ni si une commande a été passée.

Pour les opérateurs qui auront la machine en main, le profil est pensé pour le terrain. L’Heliplane 340 est un drone à propulsion 100 % électrique qui combine décollage et atterrissage verticaux (VTOL) et vol horizontal à voilure fixe. Cette architecture permet de le déployer sans piste tout en conservant l’endurance d’un avion pour les missions de longue distance, selon le communiqué. Avec 3,40 mètres d’envergure et 1,50 mètre de longueur, il affiche jusqu’à 2 heures d’autonomie, soit une distance pouvant atteindre près de 300 km. Sa vitesse maximale atteint 119 km/h et il peut voler avec des vents allant jusqu’à 40 km/h. Transportable dans un véhicule léger, il se pilote par une seule personne, un détail qui compte pour les équipes déployées dans des zones isolées.

Le drone embarque jusqu’à 3 kg de charge utile. Dans sa configuration DEF/SEC, il est prévu pour recevoir une caméra électro-optique/infrouge (EO/IR), destinée à la surveillance et à la reconnaissance de jour comme de nuit. Le constructeur cite la surveillance des approches maritimes et des zones côtières, la reconnaissance de territoires reculés, l’observation de zones sensibles, la protection des ressources et la lutte contre les trafics. Il évoque aussi le soutien aux opérations humanitaires et l’appui aux travaux du génie.

Marc Courcelle, directeur général de Drone Volt, se félicite de l’opération : « Avec l’HELIPLANE 340 LRS PRO DEF/SEC, DRONE VOLT propose une plateforme de surveillance et de reconnaissance capable d’être rapidement déployée sur le terrain, y compris dans des environnements isolés ou difficiles d’accès. » Il ajoute que cette présentation « illustre la capacité de DRONE VOLT à se positionner afin de répondre à des besoins de défense et de sécurité exigeants, en France comme à l’international ».

Selon la société, cette démonstration s’inscrit dans l’action des FAZSOI, le commandement interarmées des forces de souveraineté françaises basées à La Réunion et à Mayotte, ainsi que dans la coopération régionale menée avec leurs voisins, dont Madagascar. Une zone où la surveillance de vastes espaces maritimes reste une priorité, et où Paris entend consolider ses relations avec Antananarivo, sur fond de partenariat franco-malgache en cours de redéfinition.

Pour la PME, l’enjeu dépasse la démonstration. Le communiqué évoque « l’orientation du Groupe afin de proposer des produits et services pour répondre aux besoins spécifiques des acteurs de la défense et de la sécurité ». Drone Volt développe une gamme de drones 100 % électriques couvrant la surveillance, la reconnaissance et l’inspection, capables de transporter des charges lourdes pouvant aller jusqu’à 100 kg. Créé en 2011, le groupe revendique parmi ses clients l’Armée française, le ministère des Armées et la Gendarmerie des transports aériens, aux côtés d’Engie, de Total ou d’ADP.

Le poids de l’activité reste toutefois modeste. Selon Option Finance, qui reprend une dépêche Zonebourse du 16 juillet, Drone Volt a réalisé un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 19 % sur un an. Les activités Factory, Services & Academy ont progressé de 24 % à 3,5 millions d’euros, la distribution de 8 % à 1,4 million. Les services, dont l’offre « Drone as a Service », représentent près de 40 % des ventes semestrielles et près de 70 % de la marge brute, dont le taux s’établit à 44 %, contre 42 % un an plus tôt.

Le même article signale que des retards administratifs sur certaines ventes à l’export ont différé des livraisons aux trimestres suivants. Drone Volt a par ailleurs renforcé sa structure financière par une augmentation de capital de 3,85 millions d’euros réalisée auprès d’investisseurs américains, destinée à financer des recrutements et des acquisitions ciblées. « Ce premier semestre confirme notre accélération dans les activités à forte marge, en particulier dans les services, ce qui témoigne de la réussite de notre pivot stratégique », déclarait alors Marc Courcelle.

Ce virage intervient après la restructuration engagée par Drone Volt, qui vise la rentabilité en 2027. En Bourse, le titre clôturait le 16 juillet à 0,37 euro, en repli d’environ 44 % depuis le début de l’année, selon Option Finance. Prochain rendez-vous fixé par la société : le chiffre d’affaires annuel, attendu en janvier 2027. D’ici là, la question restera ouverte de savoir si l’Heliplane rejoindra la flotte promise aux télépilotes malgaches.

Questions-réponses

Qui forme les futurs télépilotes malgaches ?

Les FAZSOI, les Forces armées dans la zone sud de l'océan Indien, assurent la formation des télépilotes qui recevront les drones destinés aux Forces armées malgaches.

Quelles sont les caractéristiques de l'Heliplane 340 ?

C'est un drone 100 % électrique à décollage et atterrissage verticaux (VTOL) et voilure fixe, de 3,40 m d'envergure et 1,50 m de long, avec jusqu'à 2 heures d'autonomie, près de 300 km de distance, 119 km/h de vitesse maximale, 3 kg de charge utile, transportable dans un véhicule léger et pilotable par une seule personne.

L'Heliplane 340 a-t-il été commandé par Madagascar ?

Le communiqué de Drone Volt ne précise pas si l'Heliplane figure parmi la centaine d'appareils annoncés pour Madagascar, ni si une commande a été passée.

Quelle est la situation financière de Drone Volt ?

La PME a réalisé 5 millions d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre 2026, en hausse de 19 %, avec des services représentant près de 40 % des ventes et 70 % de la marge brute. Elle a levé 3,85 millions d'euros auprès d'investisseurs américains et vise la rentabilité en 2027, mais son titre a perdu environ 44 % depuis le début de l'année.