Un arrêté préfectoral interdisant les rassemblements dans certains secteurs du centre-ville de Dole, parvis de la collégiale compris, a servi de cadre juridique au déploiement des forces de l’ordre samedi 24 octobre. C’est cette décision administrative qui a déterminé la conduite des policiers présents sur place, alors même qu’un appel à manifester avait annoncé un cortège place Nationale à 10 heures, devant la collégiale.
Le dispositif, lui, était bien au rendez-vous. Dès 10 heures, deux motards de la police municipale ont multiplié les passages sur la place, avant qu’une voiture du même service ne prenne position. Un équipage de la police nationale est ensuite venu compléter le montage, portant à quatre le nombre de véhicules mobilisés. Les manifestants, en revanche, se sont faits rares : le rassemblement s’est finalement résumé à une poignée de personnes, dont certaines arboraient un gilet jaune.
C’est au nom de l’arrêté préfectoral qu’un policier a expliqué au petit groupe qu’il lui était interdit de manifester à cet endroit. Pour rester dans les clous du texte, l’agent a finalement invité les participants à descendre avenue de Lahr. Le groupe a suivi, toujours escorté par la police nationale.
La disproportion entre l’ampleur du dispositif et celle du rassemblement n’a pas manqué de susciter des interrogations sur le terrain. « Qu’est-ce qui nous différencie du groupe d’amis qui discutent au marché ? », a ironisé l’un des manifestants, s’interrogeant sur l’application du cadre réglementaire à un groupe si restreint. Le policier a lui-même reconnu l’incongruité de la situation : « On sait bien qu’il ne se passe rien à Dole. »
Cette scène illustre la manière dont les décisions préfectorales encadrent, en pratique, l’exercice du rassemblement sur la voie publique : une interdiction ciblée, une police municipale et nationale mobilisée pour la faire respecter, et un déplacement imposé à un groupement qui, sans cette règle, n’aurait sans doute pas nécessité d’encadrement. L’application stricte de l’arrêté a eu le dernier mot, quels que soient les effectifs réels du cortège.
Reste à savoir si de futurs arrêtés de ce type seront ajustés à la réalité des rassemblements annoncés, ou si l’administration maintiendra à Dole un niveau de mobilisation identique pour des cortèges aussi réduits.