Dernier voyage pour les trains touristiques normands dès le 1er novembre

Dernier voyage pour les trains touristiques normands dès le 1er novembre

Des bénévoles et des élus cherchent une issue avant le printemps

À partir du 1er novembre, comme sur de nombreuses lignes secondaires normandes, vélorails et trains touristiques s’arrêteront. En cause : la décision de SNCF Réseau de ne plus renouveler les conventions qui permettaient, depuis les années 90, à ces associations de faire circuler leurs engins sur un réseau ferré dont l’entreprise est propriétaire. Et toutes les collectivités locales ne prennent pas le relais.

Pour Damien Clemendot, président de l’association Tourisme et Chemin de fer de la Manche, qui gère le train reliant Carteret à Portbail, l’heure est au décompte. “C’est le dernier voyage”, résume-t-on au sein de ces structures qui vivent au rythme des saisons touristiques. Son train touristique du Cotentin effectuera jeudi 29 octobre un “dernier voyage de soutien”, avec plus d’une centaine de passagers sensibilisés à la disparition de l’activité, avant un ultime trajet samedi 31 octobre sur le thème d’Halloween.

Le même jour, à l’autre bout de la région, le vélorail des collines normandes roulera une dernière fois entre la gare de Pont Erambourg, dans l’Orne, et le tunnel des Gouttes, à Berjou, en Suisse normande. Alexandre Nowicki, président de l’association ACF (Amicale pour la mise en valeur de la ligne Caen-Flers) qui gère cette activité, entretient encore un espoir : les discussions avec les élus de Flers Agglo et des communes alentour, entamées depuis plusieurs années, se poursuivent. Mais il prévient : “même si l’idée d’une convention avec les collectivités locales est enfin acceptée, il faudra des mois pour la rédiger. Elle ne sera pas prête d’ici à la reprise de la saison en avril.” La question de l’entretien des voies, assuré chaque hiver par l’association, reste entière pour les mois à venir.

Car derrière l’arrêt des conventions se cache un problème plus profond : celui des infrastructures, que ces associations bénévoles n’ont pas les moyens d’assumer seules. “Les infrastructures datent de 1887”, explique Damien Clemendot. La ligne du Cotentin traverse plusieurs ponts, dont l’un, en mauvais état, aurait besoin de plusieurs millions d’euros pour être réhabilité. L’association assure chaque année l’entretien des voies grâce aux recettes de la saison touristique. Un tel investissement, en revanche, la dépasse.

Le vélorail de Condé-sur-Vire montre pourtant qu’une issue existe, du moins en partie. En 2025, les communes de Condé-sur-Vire, Bourgvallées et Sainte-Suzanne-sur-Vire se sont engagées et ont confié pour cinq ans l’entretien des rails à l’association de la Vire. Une convention signée, donc, qui laisse un sursis à l’activité. Mais celle-ci n’est pas sauvée pour autant : la voie traverse des ouvrages d’art dont la réfection pose question, notamment le pont de Sainte-Suzanne-sur-Vire. “Pour le repeindre, il faut déjà un budget de 300 000 euros”, explique John Philipot, responsable technique de l’association.

Sans convention avec des collectivités prêtes à investir, préviennent les responsables associatifs, les ouvrages mourront, et les activités touristiques avant eux. Reste aux élus locaux, aux usagers et aux bénévoles à trouver, dans les mois qui viennent, les accords et les financements qui éviteront à ces petits trains et vélorails, emblèmes d’un tourisme de proximité, de disparaître définitivement du paysage normand. Y parviendront-ils avant la saison de printemps ?

Questions-réponses

Pourquoi les trains touristiques et vélorails normands s'arrêtent-ils ?

SNCF Réseau, propriétaire du réseau ferré, a décidé de ne plus renouveler les conventions qui permettaient depuis les années 90 à ces associations de faire circuler leurs engins.

Quels derniers voyages sont prévus fin octobre ?

Jeudi 29 octobre, le train touristique du Cotentin effectuera un dernier voyage de soutien avec plus d'une centaine de passagers, suivi d'un ultime trajet sur le thème d'Halloween samedi 31 octobre. Le même jour, le vélorail des collines normandes roulera une dernière fois entre Pont Erambourg et le tunnel des Gouttes, à Berjou.

Quels problèmes d'infrastructures menacent ces activités ?

Les infrastructures datent de 1887. Sur la ligne du Cotentin, un pont en mauvais état nécessiterait plusieurs millions d'euros de réhabilitation, et sur la ligne de la Vire, le pont de Sainte-Suzanne-sur-Vire demanderait 300 000 euros pour être repeint.

Existe-t-il une issue pour certaines lignes ?

Oui, en 2025 les communes de Condé-sur-Vire, Bourgvallées et Sainte-Suzanne-sur-Vire ont confié pour cinq ans l'entretien des rails à l'association de la Vire, offrant un sursis à l'activité, même si la réfection des ouvrages d'art reste en question.

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