La consommation de carburant s’est effondrée en octobre, et ce sont d’abord les ménages qui en paient le prix. Interrogé mardi 27 octobre sur CNews/Europe 1, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a décrit un “véritable effondrement” de la consommation, directement lié à la hausse des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Selon lui, les conducteurs réduisent leurs déplacements pour protéger leur budget : “Les gens ne bougent plus”, restent à la maison et “sacrifient beaucoup de choses”, parce que le prix du carburant “pèse trop sur leur budget à date”.
Les chiffres avancés par le dirigeant donnent la mesure du phénomène. Depuis le début de l’année, Coopérative U enregistre une baisse de 10% du volume de carburant vendu. Le mois d’octobre marque toutefois une rupture : certaines de ses stations-service affichent jusqu’à -40% de volume de consommation. Derrière ces pourcentages se lisent des comportements concrets. Des trajets renoncés, des budgets serrés, une mobilité quotidienne restreinte pour une partie de la population.
Face à cette situation, le gouvernement a promis un soulagement. Mi-octobre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que les prix du gazole baisseraient pour les consommateurs “dès le 1er novembre”. Cette baisse repose sur le déstockage de millions de barils ainsi que sur le bon vouloir des distributeurs. Selon le gouvernement, la chute attendue du prix à la pompe pourrait aller de 12 à 18 centimes par litre, soit “environ dix euros d’économies à chaque plein en moyenne”. Pour les automobilistes contraints de limiter leurs trajets, un tel gain, s’il se confirme, allégerait directement une dépense devenue pesante.
Le soulagement annoncé reste néanmoins conditionnel. Dominique Schelcher a précisé que les modalités de l’initiative doivent “encore être travaillées cette semaine”, avec “plusieurs réunions avec le gouvernement pour caler le sujet”. Il a également tempéré les attentes des consommateurs : “Ça donnera une petite bouffée d’oxygène à partir de la semaine prochaine, mais ce ne sera pas tous les jours et pas tout le temps parce que ça ne sera qu’une part de la consommation qui est concernée.”
Autrement dit, les stations-service, refuge quotidien de millions d’usagers, ne connaîtraient qu’un allègement partiel et temporaire. En attendant le 1er novembre, les conducteurs n’ont d’autre choix que de continuer à arbitrer entre leurs déplacements et leur budget, dans un contexte où, selon le patron de Coopérative U, beaucoup ont déjà choisi de renoncer.