Commerce et quotidien : ce que cela révèle de nos vies

Du mépris napoléonien pour le commerce aux enjeux du quotidien des citoyens

Commerce et quotidien : ce que cela révèle de nos vies

Quand Napoléon, les supermarchés et la politique font bon ménage

Quel rapport une société entretient-elle avec le commerce, et qu’est-ce que cela dit du quotidien des citoyens ? Derrière l’anecdote littéraire se cache une interrogation qui concerne chacun d’entre nous. C’est la question que soulève, à sa manière, le dernier best-seller de la rentrée signé de l’historien britannique Lord Roberts, Napoleon & His Marshals, consacré aux vingt-six maréchaux impériaux. L’ouvrage, que l’auteur de ces lignes a feuilleté dans un fauteuil Chesterfield profond et élimé chez Hatchards, la ravissante librairie de Piccadilly au décor on ne peut plus aristocratique, est qualifié de chef-d’œuvre.

Le sujet dépasse toutefois la simple curiosité historique. Napoléon Bonaparte, rappelle l’éminent auteur, méprisait Albion, cette puissance maritime qu’il jugeait guidée par le lucre plutôt que par la grandeur des armes et le sens de l’honneur. La fameuse formule qui lui est prêtée, « L’Angleterre est une nation de boutiquiers », illustre à merveille le dédain du vaincu de Waterloo pour le monde des affaires. Pour le lecteur d’aujourd’hui, ce mépris résonne étrangement : le commerce, souvent décrié par les élites, est pourtant ce qui structure la vie matérielle des peuples, des prix des denrées aux conditions d’approvisionnement.

Reste que le marchand « made in England » tant décrié a permis au minuscule royaume d’édifier un empire fabuleux sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Voilà une leçon d’intérêt général : la prospérité collective d’une nation peut reposer sur des activités que le prestige militaire méprise, et le bien-être des populations dépend souvent de ces circuits commerciaux jugés vulgaires par les puissants.

Cette réflexion sur le rapport entre commerce et puissance publique trouve un écho dans l’actualité économique et politique couverte par la presse, notamment dans les colonnes de l’Opinion, dont un article illustre justement ce thème : https://www.lopinion.fr/international/quand-napoleon-les-supermarches-et-la-politique-font-bon-menage. Car les questions d’approvisionnement et de services essentiels occupent le devant de la scène européenne. Une rupture de contrat est évoquée : limiter les services aux méthaniers russes, chargés de transporter le gaz naturel liquéfié, entraverait leur accès aux ports de livraison. Pour les ménages, l’enjeu est direct : l’énergie qui chauffe les logements et fait tourner l’économie.

La sécurité des citoyens n’est pas en reste. Le directeur du MI5 dresse un tableau inquiétant des différentes menaces qui pèsent sur le Royaume-Uni et ses alliés européens. Et dans le domaine numérique, un incident spectaculaire rappelle la fragilité des infrastructures dont dépendent les consommateurs : en détournant à distance le logiciel du fabricant Danfoss, des pirates ont provoqué le sabotage thermique de centaines de surfaces commerciales françaises et la destruction de stocks alimentaires massifs. Derrière l’attaque informatique, ce sont des denrées destinées au public qui ont disparu.

Les décisions publiques, elles, se préparent sous les yeux des parlementaires. Une commission parlementaire britannique auditionne actuellement les partisans et les opposants au projet d’agrandissement de l’aéroport londonien. Elle reçoit ce mercredi le directeur général de l’aéroport, Thomas Woldbye. Des recommandations seront fournies pour aider le gouvernement à décider s’il soutient ou non le projet, mais il ne s’agirait toujours que d’un accord de principe. Les capacités de transport, c’est l’accès des voyageurs et des marchandises qui est en jeu.

Sur le plan budgétaire, pendant que l’inflation grignote les budgets des ministères britanniques, l’Institute for Fiscal Studies dénonce le risque d’un budget de « fiction » et estime que le gouvernement doit fixer dès la fin du mois des enveloppes de dépenses réalistes, notamment pour intégrer une possible hausse du financement de la défense dès l’année prochaine. La cheffe des conservateurs britanniques, pour sa part, cherche à redonner du crédit à son parti sur les questions économiques dans une véritable profession de foi.

Entre l’histoire des maréchaux de Napoléon et les tracas quotidiens de l’énergie, de la sécurité et des budgets publics, le fil est le même : les choix faits au sommet finissent toujours par se mesurer dans la vie ordinaire des citoyens. La question qui reste ouverte est de savoir si les décideurs d’aujourd’hui sauront éviter le mépris napoléonien pour ce qui fait vivre les peuples.

Questions-réponses

Quel lien l'article établit-il entre Napoléon et le commerce ?

Napoléon méprisait l'Angleterre, qu'il jugeait une nation de boutiquiers guidée par le lucre. Or ce commerce décrié a permis au royaume d'édifier un immense empire, preuve que la prospérité collective peut reposer sur des activités méprisées par le prestige militaire.

Quel incident numérique a affecté les consommateurs ?

Des pirates ont détourné à distance le logiciel du fabricant Danfoss, provoquant le sabotage thermique de centaines de surfaces commerciales françaises et la destruction massive de stocks alimentaires destinés au public.

Où en est le projet d'agrandissement de l'aéroport londonien ?

Une commission parlementaire britannique auditionne partisans et opposants et reçoit ce mercredi le directeur général de l'aéroport, Thomas Woldbye. Des recommandations aideront le gouvernement à décider, mais il ne s'agirait que d'un accord de principe.

Quelle alerte budgétaire a été lancée au Royaume-Uni ?

L'Institute for Fiscal Studies dénonce le risque d'un budget de fiction alors que l'inflation grignote les budgets des ministères, et estime que le gouvernement doit fixer dès la fin du mois des enveloppes de dépenses réalistes, incluant une possible hausse du financement de la défense.