Politique budgétaire : Fabien Roussel appelle à la mobilisation pour faire plier le gouvernement sur le pouvoir d’achat
Un projet de budget 2027 prévoyant 54 milliards d’euros d’économies, et un exécutif accusé de fuir ses responsabilités. C’est sur ce terrain que le candidat communiste à l’élection présidentielle Fabien Roussel a choisi de se placer, samedi, estimant devant l’AFP que seule la pression collective peut contraindre le gouvernement à changer de cap. “Si on ne se mobilise pas, le gouvernement ne bougera pas”, a-t-il déclaré, alors que la hausse des prix du carburant et de l’énergie alimente la colère dans le pays.
La responsabilité de l’exécutif est au cœur de son intervention. “Alors qu’il y a des mesures fortes à prendre pour défendre le pouvoir d’achat des Français (…), le gouvernement fait tout l’inverse”, a affirmé le chef du Parti communiste français, qui s’exprimait à Valenciennes (Nord), lors d’un rassemblement réunissant quelques centaines de personnes.
Il a fustigé un texte budgétaire qu’il juge dangereux pour l’économie nationale. “C’est un budget de récession, c’est un budget qui va tétaniser l’économie, qui va tétaniser les entreprises, et surtout tuer la consommation”, a-t-il martelé, mettant en cause des choix politiques qui, selon lui, privilégient la rigueur au détriment du pouvoir d’achat des ménages.
Interrogé sur l’inquiétude sociale, le candidat a souligné la légitimité de celle-ci. “Les Français ont peur, ils sont inquiets, ils ont raison (…). C’est pour ça que nous devons être très nombreux, paysans, salariés, lycéens, lycéennes, il faut que tous ensemble on arrive à être unis pour peser sur les choix du gouvernement”, a-t-il ajouté, appelant à une mobilisation transversale susceptible d’influer sur les orientations prises par l’exécutif.
La prise de parole de M. Roussel, ainsi que celles de représentants des Jeunes communistes et d’un syndicaliste CGT devant les manifestants, avait été perturbée peu auparavant par quelques gilets jaunes qui ont crié “Jordan Bardella” et “Front national”, a constaté l’AFP.
Le leader communiste a toutefois tenu à élargir son appel au-delà des clivages partisans. “Pour moi, ce qui est important, c’est que l’ensemble des Français, quelles que soient leurs opinions (politiques, NDLR), se mobilisent”, a insisté M. Roussel. Il a reconnu que la colère sociale peut alimenter d’autres tentations électorales. “Il y a forcément parmi les gens qui manifestent aujourd’hui, qui sont en colère, des gens qui ont envie de voter pour l’extrême droite”, a-t-il observé.
Mais il a pointé une contradiction au sein de l’offre politique. Le Rassemblement national, a-t-il relevé, “n’appelle pas à manifester, il est même contre ces mobilisations”. De quoi, selon lui, éclairer les manifestants sur la position réelle des formations politiques qui se disent attentives à leurs préoccupations.
“Il faut que les gens qui manifestent aujourd’hui et qui occupent les ronds-points se rendent compte de la réalité des soutiens des forces politiques”, a conclu M. Roussel, suggérant que la confrontation entre la rue et les choix budgétaires du gouvernement révélera, à terme, quelles forces politiques accompagnent réellement la contestation sociale et lesquelles s’y opposent.
Le rassemblement de Valenciennes s’inscrit dans une conjoncture marquée par la hausse des prix du carburant et de l’énergie, et par l’examen d’un projet de budget aux économies massives que l’opposition communiste présente comme une menace directe pour la consommation et l’activité des entreprises. La question posée par le chef du PCF est désormais celle du rapport de force : au gouvernement de répondre aux revendications, ou aux mobilisations de gagner en ampleur pour peser sur les décisions budgétaires à venir.
Publié le 17 octobre 2026 à 11h20, source AFP.