Report au 2 novembre : la tension monte avant les négos

Report au 2 novembre : la tension monte avant les négos

Distributeurs et industriels repoussent leur rendez-vous à Bercy avant les négociations annuelles

Le report au 2 novembre de la réunion de préparation entre industriels de l’agroalimentaire et grands distributeurs, initialement prévue mercredi à Bercy, illustre la tension qui s’installe en amont des négociations commerciales annuelles. Ce rendez-vous est décisif pour la rentabilité des enseignes comme pour la trésorerie de leurs fournisseurs.

Le cabinet du ministre du Commerce a précisé que ce décalage résultait d’un conflit d’agenda: les ministres concernés, Serge Papin pour le Commerce et Annie Genevard pour l’Agriculture, devaient être présents mercredi matin au Conseil des ministres, lui-même décalé. Le cabinet confirmait une information du média spécialisé LSA.

L’enjeu de fond est économique, et il est de taille. Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs alimentaires se livrent à des négociations, parfois brutales, qui déterminent les prix en rayon, hors marques propres des distributeurs, et qui sont régulièrement accusées de mettre sous pression la rétribution des agriculteurs. Alors que le cru 2026-2027 s’annonce particulièrement tendu et que l’inflation apparaît inéluctable, le gouvernement avait annoncé la semaine dernière vouloir réunir les parties prenantes en amont, en vue d’un “pacte de responsabilité”.

C’est dans ce contexte que les principaux distributeurs avaient menacé vendredi de boycotter la réunion avec les industriels, qu’ils appellent à plus de “transparence”. Ces derniers avaient dénoncé en retour un “cynisme” indécent. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les principales enseignes comme Leclerc, Carrefour et Intermarché, avait affirmé qu’elle ne “participera(it) pas” à ce comité de préparation “tant que deux exigences fondamentales n’auront pas été reconnues et partagées par tous”, selon un communiqué. Elle citait “la transparence” sur les coûts de la matière première agricole et un traitement différencié pour les PME.

Cet ultimatum avait suscité l’ire de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania). “De qui se moque-t-on ?”, avait réagi son président, Jean-François Loiseau. “Le cynisme des distributeurs dépasse la décence”, avait-il ajouté, reprochant aux enseignes de refuser “depuis le début de la crise au Moyen-Orient de prendre en compte les surcoûts” supportés par les entreprises agroalimentaires.

Pour les investisseurs et observateurs du secteur, la donne est claire: les enseignes cherchent à contenir leurs coûts d’achat en réclamant une visibilité sur les prix des matières premières agricoles, tandis que les industriels défendent leur capacité à répercuter des surcoûts qu’ils jugent subis depuis le début de la crise au Moyen-Orient. Le traitement différencié demandé pour les PME ajoute une dimension concurrentielle au dossier, les petites entreprises du secteur étant plus exposées au rapport de force commercial.

Le report au 2 novembre laisse ainsi aux parties un sursis pour rapprocher leurs positions avant l’ouverture des négociations. Le détail de ces échanges et du bras de fer entre distributeurs et industriels a notamment été relayé par BFM Economie: https://www.bfmtv.com/economie/consommation/leclerc-carrefour-et-intermarche-ont-menace-de-la-boycotter-la-reunion-de-preparation-entre-industriels-et-distributeurs-avant-les-negociations-commerciales-est-reportee-au-2-novembre_AD-202610270336.html

Reste à savoir si le “pacte de responsabilité” voulu par le gouvernement pourra se construire sur des exigences encore jugées incompatibles par les deux camps, alors que se prépare une campagne de négociations dont dépendront les prix en rayon comme les marges des acteurs du secteur.

Questions-réponses

Pourquoi la réunion de préparation a-t-elle été reportée au 2 novembre ?

Le cabinet du ministre du Commerce a invoqué un conflit d'agenda : Serge Papin (Commerce) et Annie Genevard (Agriculture) devaient être présents mercredi matin au Conseil des ministres, lui-même décalé.

Quelles exigences la FCD a-t-elle posées pour participer ?

La Fédération du commerce et de la distribution exigeait la transparence sur les coûts de la matière première agricole et un traitement différencié pour les PME, faute de quoi elle refusait de participer au comité de préparation.

Quelle est la position des industriels de l'agroalimentaire ?

L'Ania, par la voix de son président Jean-François Loiseau, a dénoncé le cynisme des distributeurs et reproché aux enseignes de refuser de prendre en compte les surcoûts supportés par les entreprises agroalimentaires depuis le début de la crise au Moyen-Orient.

Quels sont les enjeux économiques des négociations annuelles ?

Du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs négocient les prix en rayon, hors marques propres des distributeurs. Ces négociations déterminent la rentabilité des enseignes, la trésorerie des fournisseurs et sont régulièrement accusées de mettre sous pression la rétribution des agriculteurs.

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