Moins 0,1 % : voilà le chiffre tombé vendredi dans l’évaluation provisoire de l’Insee pour le troisième trimestre. La projection tablait sur + 0,1 %. Après un repli de 0,2 % au premier trimestre et une stagnation au second, la France frôle désormais la récession, et l’année entière s’annonce plombée.
“C’est un scénario plutôt noir pour l’économie française. Quand on fait la moyenne sur l’année, on est en début de récession”, a expliqué l’économiste Anthony Morlet-Lavidalie sur BFM. La comparaison internationale ne rassure pas : la croissance américaine a progressé de + 3,4 % sur le même trimestre, dans un contexte pourtant difficile.
Les indicateurs de confiance confirment ce constat opérationnel. En octobre, la confiance des ménages mesurée par l’Insee est tombée à 80, en baisse de cinq points en un mois, selon la communication de l’institut national de la statistique du 27 octobre. C’est un plus bas depuis 1972 et 2013. Midi Libre détaille l’ensemble de ces chiffres défavorables à cette adresse : https://www.midilibre.fr/2026/10/31/les-mauvaises-nouvelles-saccumulent-pour-leconomie-francaise-trois-chiffres-pour-comprendre-pourquoi-le-pays-frole-la-recession-13628607.php
Du côté des prix, la dérive se poursuit mois après mois. Toujours selon l’Insee, les prix à la consommation ont progressé de + 3,4 % en un an, contre + 3,1 % en septembre. Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, identifie la cause. “L’inflation est essentiellement liée à la hausse des prix de l’énergie du fait de la guerre au Moyen-Orient. Nous sommes au-dessus de la cible des 2 % qui correspond à notre objectif de stabilité des prix à moyen terme. Mais hors énergie et produits frais, les prix restent relativement stables”, commente-t-il dans un entretien publié ce vendredi par le journal La Montagne. Il rappelle que la zone euro fait pire, avec une hausse des prix de + 3,8 % sur un an.
Le service public de l’emploi, lui, rend des comptes de plus en plus mauvais. France Travail a communiqué les chiffres du troisième trimestre : le nombre de demandeurs d’emploi progresse de + 0,9 % sur le trimestre et de + 2,1 % sur un an. “Quel que soit l’indicateur choisi, la tendance est inquiétante”, commente Le Figaro. Actuellement, 3,35 millions de personnes n’ont pas d’activité.
Les moins de 25 ans sont en première ligne de cette dégradation : leur chômage a augmenté de + 2,4 % au troisième trimestre. Par contraste, la situation des seniors tient. Le chômage des plus de 50 ans est stable sur l’année, et en légère hausse, à + 0,2 %, sur le dernier trimestre.
Au bout du compte, les trois chiffres dessinent un constat d’exécution sombre : une activité qui recule au lieu de progresser, une inflation au-dessus de la cible de 2 % portée par les prix de l’énergie, et un chômage qui grimpe trimestre après trimestre, frappant d’abord les moins de 25 ans. Le moral des ménages, à son plus bas historique récent, traduit cette accumulation d’échecs concrets dans l’économie réelle. Reste à savoir si le quatrième trimestre inversera la tendance ou confirmera l’entrée en récession.