Becht mise sur les dons privés pour financer sa campagne

Becht mise sur les dons privés pour financer sa campagne

Sans grand parti, l'ancien ministre du Commerce extérieur compte sur ses donateurs et son bilan économique

Olivier Becht mise sur les dons privés pour financer sa candidature à l’élection présidentielle. Sans grand parti derrière lui, l’ancien ministre du Commerce extérieur affirme vouloir aller jusqu’au bout de sa démarche. Interrogé sur Sud Radio, dont l’entretien est accessible ici : https://www.sudradio.fr/politique/olivier-becht-je-suis-candidat-a-lelection-presidentielle-et-jirai-jusquau-bout, l’élu reconnaît que le financement constitue la question la plus délicate de son entreprise. Il se dit toutefois convaincu que les Français séduits par son programme, le « Projet France », pourront le soutenir financièrement.

Sur le plan des parrainages, nécessaires pour valider une candidature, l’homme se montre confiant. Élu local depuis 25 ans, il entretient selon lui de bonnes relations avec les maires et les conseillers. Il affirme déjà détenir de nombreuses promesses de signature, tout en admettant que rien n’est jamais certain dans ce processus.

Son argument économique central tient en un chiffre : durant ses deux années au gouvernement, il affirme avoir réduit le déficit du commerce extérieur de plus de 60 milliards d’euros. C’est ce bilan, ajouté à trois mandats de député, qu’il oppose à ceux qui ne le présentent pas comme favori. Il rappelle aussi avoir redressé une commune en difficulté financière sans augmenter les impôts locaux pendant 18 ans, à Rixheim, commune de 15 000 habitants située dans l’agglomération de Mulhouse, où il a travaillé sur la sécurité et la transformation du modèle social local.

Le diagnostic qu’il pose sur l’économie française est celui d’un modèle arrivé à bout de souffle. Selon lui, jamais autant d’argent n’a été dépensé dans le pays, et pourtant il reste plus compliqué de trouver un médecin, une bonne école ou de vivre en sécurité. Malgré des dépenses sociales considérables, 10 millions de personnes vivent toujours sous le seuil de pauvreté. Face à ce constat, il voit deux issues possibles : un effondrement dans la révolution ou le chaos, ou une refondation menée dans la paix, l’ordre et la démocratie.

Sa proposition phare en matière sociale est un contrat de travail unique et portable tout au long de la carrière. Il justifie cette refonte par un déséquilibre démographique : à la création de la Sécurité sociale, cinq personnes cotisaient pour un bénéficiaire ; aujourd’hui, selon ses chiffres, elles ne sont plus que 1,4. Son contrat social protégerait de la naissance à la mort, y compris contre le chômage, à une époque où l’intelligence artificielle risque de bouleverser de nombreux métiers. Il resterait attaché à la personne, avec un salaire socle proche d’un revenu universel, assorti de trois conditions : accepter un emploi correspondant à ses qualifications, suivre une formation pour les adapter au marché du travail, ou effectuer 25 heures de bénévolat, notamment au service des personnes âgées et dépendantes.

Sur l’énergie, pilier de sa souveraineté économique revendiquée, il appelle à une révolution fondée sur les carburants de synthèse, afin de réduire la dépendance aux importations pétrolières. Il défend aussi une nouvelle dynamique européenne autour d’un noyau dur de six, sept ou peut-être huit États capables de peser face aux États-Unis et à la Chine. Sa formule résume sa doctrine : pour être forts politiquement, il faut d’abord être forts économiquement et financièrement.

En matière d’éducation, il dénonce la gestion centralisée d’un million d’enseignants sans savoir précisément où ils se trouvent, s’abasourdissant de découvrir que 3 000 enseignants sont sans affectation. Il propose de décentraliser la gestion des personnels, sur le modèle des ATSEM gérés par les communes, tout en refusant la régionalisation des programmes, condition selon lui de l’égalité des chances. Il soutient par ailleurs les lycéens dans leur critique de Parcoursup, qualifiée de boîte noire à supprimer et remplacer.

Se définissant comme un homme d’« extrême centre », il affirme ne pas vouloir que le scrutin se résume à un vote par défaut contre Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Il se dit prêt à débattre avec Édouard Philippe, Gabriel Attal ou Bruno Retailleau, avec lesquels il n’a toutefois pas échangé sur sa candidature. Il a parcouru 101 départements en deux ans, y compris en outre-mer, et repart sur le terrain à partir du 12 novembre. Sa motivation première reste personnelle : que son fils de 14 ans et sa génération ne revivent pas les horreurs connues par ses grands-parents au siècle dernier. Reste à savoir si ce financement par dons privés suffira à porter une candidature sans l’appui d’un grand parti.

Questions-réponses

Comment Olivier Becht compte-t-il financer sa campagne présidentielle ?

Par les dons privés. Sans grand parti derrière lui, il reconnaît que le financement est la question la plus délicate de son entreprise, mais se dit convaincu que les Français séduits par son « Projet France » le soutiendront financièrement.

Quel bilan économique met-il en avant ?

Il affirme avoir réduit le déficit du commerce extérieur de plus de 60 milliards d'euros durant ses deux années au gouvernement, et avoir redressé financièrement Rixheim, commune de 15 000 habitants, sans augmenter les impôts locaux pendant 18 ans.

Où en est-il des parrainages nécessaires à sa candidature ?

Il se montre confiant : élu local depuis 25 ans, il entretient de bonnes relations avec les maires et les conseillers et affirme déjà détenir de nombreuses promesses de signature, tout en admettant que rien n'est jamais certain dans ce processus.

Quelles sont ses propositions économiques et sociales principales ?

Un contrat de travail unique et portable avec un salaire socle proche d'un revenu universel sous trois conditions (emploi, formation ou 25 heures de bénévolat), une révolution énergétique fondée sur les carburants de synthèse, et un noyau dur européen de six à huit États face aux États-Unis et à la Chine.

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